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Regain de concentration

Conversation avec kwalay

J’ai la peine à me concentrer et achever ce que j’ai commencé, bien que je sois motivé à le réaliser. Je me retrouve en train de faire plusieurs choses à la fois, ne complète aucune d’elles et rien n’est fait bien comme je le souhaite ou me l’imagine. Pourquoi est-ce ainsi?

C’est bien que tu poses cette question et c’est une, situation dans laquelle la majorité d’entre nous se trouve. C’est la maladie dont presque tout le monde en souffre.
Aujourd’hui, c’est très rare de trouver des artistes, des potiers, des écrivains, des musiciens d’une grandeur comme beaucoup de noms dans le temps, des gens qui sont dévouées à la réalisation d’un seul et unique rêve en même temps. le multitasking est la normalité de nos jours et ceci est tel que si l’on n’est pas multitasking , je veux dire ne fait pas 1000 choses à la fois ,il est vu comme incapable ou féneant. Mais c’est aussi la cause de beaucoup de problèmes psychiques dont la majorité souffre. Un des facteurs qui a porté cette « depuis longtemps existante » perte de concentration à son pic est l’avancée des techniques et des sciences. 
Aujourd’hui tout va très vite, la possibilité de vite se faire de l’argent, de se faire connaître, de devenir une célébrité est sans précédent. Chaque individu est informé sur tout, on est bombardé de choses nouvelles et alléchantes en longueur de vie qu’on finit par croire être capable de tout avoir, posséder, devenir et c’est normal. Regardez les amitiés, les mariages, les relations se disloquent et déchirent plus rapidement qu’avant. Nos parents se mariaient très tôt avant et y restaient ensembles aussi longtemps que la mort les séparait. Remarquez-vous mêmes , observez votre propre vie, comment est-ce qu’il vous est difficile ne serait-ce que de manger un même genre d’aliment deux fois de suite. Vous voulez changer à tout moment. Le mot  » Nouveau » a remplacé « bien », il suffit qu’on vous dise c‘est nouveau que tout le monde se tourne vers et se lance à l’obtenir. Et comme beaucoup de nouvelles choses se passent et sont plus visibles qu’au par avant, être concentré, rester focalisé sur une chose devient impossible.

 
Ceci n’est pas la faute à la technologie, ni aux sciences, au contraire, c’est notre intellect qui les a développées à ce point, certes dans le but de nous faciliter la vie, de la rendre plus confortable et nous pouvons dire avec fierté que nous avons atteint un niveau de confort sans précédent. Mais sommes nous vraiment la génération la plus heureuse ? Vous répondrez avec moi que non.

C’est donc dire qu’il y a quelque chose qui s’est mal passé dans cette évolution et dans cette course du confort. Et cela ne peut qu’être fouillé et observé à l’aube de notre vie : donc dans notre enfance. Notre éducation ne nous mènerait-elle pas de manière inconsciente à cette perte de concentration, de focalisation ?

Remarquez que quand nous faisons ce que nous aimons, nous sommes concentrés. Regardez un peu dans tout ce que vous faites, vous aimez tout ce que faites certes, mais le problème est juste que vous n’y restez pas dessus jusqu’à ce que ce soit achevé ou réalisé. Vous vous lassez très vite et automatiquement êtes emporté par autre chose.

Le degré de votre concentration ou attention à quelque chose varie de votre degré d’importance à cette chose n’est-ce pas ? Oui parce que depuis l’enfance ce qui nous importait le plus, ce que nous aimions faire, comme jouer, dormir, manger, chanter, danser, crier, rire nous a été interdit pour orienter notre énergie dans ce qui est payant, ce qui rapporte les biens matériels très rapidement et sûrement, ce qui fera que les gens nous admirent et vous reconnaissent comme une icône du succès ; ce qui fera honneur à nous et aux nôtres.

Et qu’est-ce qui fait honneur aux autres ? N’est-ce pas ce qui leur plaît ? Quand est-ce que les autres nous reconnaissent en tant que digne fils, fille, ami, frère, compatriote ? N’est-ce pas quand nous les servons, réalisons leurs rêves ou désirs ? Et n’est-ce pas sur ces autres qu’il nous est demandé de compter pour réaliser les nôtres ?
 Alors comment pouvons-nous être focalisé sur un projet totalement si nous sommes divisés ou tiraillés par-ci par-là par des ambitions toutes contradictoires les unes des autres ? Comment est ce possible ? 

Nous voulons et aimons jouer, aimer, danser, apprendre à dessiner, à chanter, à écrire des poèmes, jouer sur une guitare, mais nous devons plutôt nettoyer notre chambre, aller à l’école, faire nos devoirs de classe, se préparer à devenir médecins, docteurs, ingénieurs demain, aider nos parents aux tâches ménagères, lire nos cahiers, suivre le journal télévisé, apprendre à faire la cuisine, à servir un homme, à gagner l’argent pour sa famille. 
Il est plus sure de gagner de l’argent en allant à l’école en faisant de longues et bonnes études, en vendant des vêtements ou des objets qu’en jouant ou apprenant à jouer une guitare, qu’en écrivant des poèmes ou faisant un jardin. Il est plus sure et de gagner de la reconnaissance ou les honneurs des autres en les servant, en réalisant leurs désirs et ambitions qu’en étant amoureux, qu’en faisant ce qu’on aime. 
Alors nous avons grandi ainsi et appris que jouer, rire, danser, dormir, sauter, faire ce que nous aimions ne paye pas, vaut mieux faire ce qui paye. Et depuis ce temps un conflit s’est crée en nous, quelque chose en nous s’en fou que ca paye ou non et veut faire ce qu’on aime, mais parallèlement quelque chose en nous, qui semble être plus imposante nous le refuse.

Alors directement quand nous sommes en train de faire ce que nous aimons et devons faire, notre mental est automatiquement dérivé ailleurs, sur notre smartphone, sur la tv, sur les soucis de comment se faire des millions, on appelle les amis, organise les rencontres, on va faire en longueur de journée ces choses qui nous ont été pointées comme étant celles qui nous payeront le plus rapidement. La paye peut être matérielle comme l’argent par exemple ou subjective comme la reconnaissance ou appréciation des amis parents frères. Et ces amis, ces gens, ces autres, nous nous sentons comme redevables, obligés de bavarder ou les écouter, nous leur donnons toute l’attention dont ils ont aussi soif, puisqu’ils ont été éduqués de la même façon que nous. Alors comme éduqués à réaliser leurs rêves, à leur plaire, nous renvoyons automatique ce que nous devons faire maintenant à plus tard.

Prêtons attention plus souvent ! Pas seulement qu’on doit faire ce qui paye, il faudrait surtout que cela paye le plus rapidement possible tant qu’on y est. Alors l’impatience devient donc la résultante. Observez quand vous décider de faire quelque chose par exemple réaliser une musique, un tableau, ou apprendre un instrument de musique ! Alors vous commencer et dès que la difficulté est ressentie, on abandonne le projet pour faire autre chose. De toute façon, on ne sait pas si on réussira et si oui, quand ? Dans 10 ans ? Peut-être jamais alors on aura r rien gagné, ça ne vaut pas la peine de courir le risque, on est sure de rien gagner, personne ne nous aurait applaudi, on ne serait pas célèbre dans cette vie, alors on préfère soit vite faire, bâcler le projet, même si ce n’est pas bien fait, on poste, on partage avec le monde, on est pressé de recevoir les honneurs, des likes, de se faire connaitre ou de gagner de l’argent. Raison pour laquelle vous voyez une énorme quantité d’ordures qui sont vendues sous les noms de musique, art et livres. 

C’est alors ce genre de mentalité qu’ont nos dirigeants, politiciens, qui, dès qu’ils ont un poste de responsabilité et un budget, ils se rassurent de réaliser premièrement tous leurs rêves de gamins avec un partie et ensuite injecte la minable partie restante dans le projet qui lui a été légué. C’est vite fait à la volée, parce qu’il faut que tant qu’il est encore au pouvoir et en vie, il doit être honoré de ses actions. Alors il va essayer quelque chose qui ne vaut pas la peine et le lendemain les médias seront invités pour inaugurer et parler de lui et l’objectif est atteint autant pour lui.

Voyez-vous que c’est donc cette éducation, qui veut que l’enfant face ce qui paye ou rapporte les biens ou la notoriété, pas ce qu’il aime, qui est la cause radicale et fondamentale de cette perte de concentration chez beaucoup d’entre nous. Ils savent que celui qui fait ce qu’il aime est automatiquement concentré sur ce qu’il fait et emporté et englouti dans l’acte que le monde autour de lui disparaît. Et même s’il a de la difficulté à réaliser, il ne se décourage pas plutôt se dit que tant qu’il ne réalise pas ce projet et bien, il ne passe pas à l’autre ou à autre chose. La patience, la concentration, la focalisation sont l’expression de l’amour. Celui qui fait ce qu’il aime est automatiquement concentré, faudrait juste prêter attention à notre amour, prenons soin de lui, car notre amour est notre destinée.

à propos de l´auteur

Kwalay

Mes écrits, ma musique n'ont pour but que de te mener à ta découverte, à ton silence.

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