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Un foyer et non une maison

conversation avec kwalay

Pourquoi les jeunes enfants d’aujourd’hui sont si têtus et passent plus de temps dehors avec des mauvaises bandes qu’à la maison avec leurs parents ?

Je sais que les parents font simplement ce qu’ils savent et tout ce qu’ils peuvent pour leurs petits, ils ont de bonnes intentions, mais il ne suffit pas d’avoir de bonnes intentions, il faudrait savoir ce qu’il faut faire et le faire. Et c’est dans l’observation, l’attention que nous comprenons beaucoup de choses, car tout y est, les réponses, les solutions, tout y est déjà, il faut juste prêter attention.

Dans mon village, puisque les gens n’ont pas assez de moyens financiers pour faire de grandes maisons en brique de ciment, ils se construisaient et construisent encore aujourd’hui, des petites cases faites de terre battue qui leur servent de maisons ; juste une salle et c’est tout. Tout y est pour vivre.

La première fois donc que j’ai entendu le mot « foyer », c’était quand on me pointait un feu de bois au centre de la case de ma grand-mère, comme notre Cœur, au centre de notre corps ou du moins symbolisé à cet endroit. Il ne faisait jamais froid dans cet endroit et ceci qu’importe le temps qu’il faisait dehors, c’était l’espace le plus vivable et dans toute l’enceinte. Le foyer, autour du feu, le soir, le matin. Et sa chaleur n’accablait pas, ni trop chaud, ni trop froid, elle était comme régulée à la température adéquate pour se sentir juste OK, comme il faut …BIEN. 
Alors on chantait, on bavardait, on dansait autour du feu de bois, autour du foyer, écoutait les histoires stupides et drôles des adultes, qu’automatiquement, on apprenait de leurs erreurs, mais aussi leurs succès ou sagesse sans pour autant le vouloir. Personne ne nous chassait dans nos chambres de toute façon, il n’y en avait pas d’autres, non plus ne nous demandait de rester, ils ne trouvaient surement rien à cacher. Tout ceci parce que tous savaient au fond d’eux combien le foyer nous était tous vital ; tous devaient, aimaient, voulaient ressentir la chaleur du foyer au centre de la case.

Je raconte ceci parce que j’aimerais pointer quelque chose de pertinent qui est la cause de beaucoup de misère dans le monde et surtout de la souffrance des enfants. Quand l’enfant naît partout, c’est des murs, des espaces restreints et on lui enseigne que cet espace restreint, c’est sa maison ; il vit donc dans une maison.

Mais une maison vide sans Hommes, sans chaleur, sans vie n’est qu’un abri. Il est juste un lieu pour se cacher des intempéries, mais en fait, l’on n’y séjourne pas du tout, parce que pas agréable. On préfère rôder dehors, rentrer tard, rester avec les amis dans les bars, ou les églises, dans un centre commercial ou stade de football, que de rentrer à la maison. C’est comme rentrer en prison. Et pourquoi c’est ainsi ?

Si L’on met dans une maison, un fauteuil, un écran de télé une armoire, quelques vêtements et chaussures, une cuisinière, un morceau de pain et l’abandonne, elle ne deviendra pas forcement autre chose qu’un abri, pare que c’est choses son sans vie, ce ne sont que des objets comme les murs de la maison ; et si vous abandonnez un enfant dans cet endroit, il mourra après quelque temps s’il est très fragile ou alors sortira désespérément à la recherche d’un foyer.

Ajoutez une autre personne, son parent ou n’importe qui, qui devra juste lui donner à manger, le laver, l’habiller, lui donner des ordres et des devoirs puis l’envoyer au lit, vous observerez un petit changement, parce qu’on prend soin de lui à un certain degré déjà : son corps. Mais quelque chose manque.

Puisqu’un enfant est une conscience, une vie qui tient un corps, c’est dire qu’il ne suffit pas de lui donner à manger, le couvrir de vêtements et lui donner un lit, il ne suffit pas d’entretenir son corps. Il faut plus que çà. 

Remplacez donc cette personne par une autre qui fait de même que la première, un parent ou n’importe qui, mais qui en plus converse avec lui, l’écoute, est attentionné à ce qu’il dit et fait sans pour autant l’enfreindre, un qui joue avec lui, danse avec lui, chante avec lui, qui lui donne la sensation de sécurité, d’être en confiance,un ami pas un éducateur, quelqu’un qui ne nourrit pas ses peurs, mais qui apporte de la lumière dans ses nuits, quelqu’un qui n’entretien pas ses craintes, mais qui le nourrit de courage. Quelqu’un qui ne le console pas dans son ignorance, mais avec finesse le motive au savoir, quelqu’un qui sait, pas qui croit savoir, quelqu’un qui en fait permet que cette petite vie ( l’enfant) atteigne sa maturité, ça fait chaud au cœur, vraiment chaud au cœur comme auprès du foyer de ma grand-mère, au centre de la case. 

Vous verrez le visage de l’enfant rayonner de vie, la lumière du foyer luire de tout son être, vous lirez l’enthousiasme, le goût de vivre, la force, la vitalité dans ses gestes, vous l’entendrez et suivrez chanter la chanson de son cœur, et danser au rythme de ses battements comme autour du foyer chez ma grand-mère.

Il est écrit quelque part dans la bible « Quel est parmi vous le père qui donnera une pierre à son fils, s’il lui demande du pain ? Ou, s’il demande un poisson, lui donnera-t-il un serpent au lieu d’un poisson ? » 

Malheureusement, la plupart des parents donnent des prisons qu’ils appellent maisons à leurs enfants et sont des tortionnaires pour ces derniers, pourtant, ils ont fait une promesse, celle de leur donner un foyer. C’est la raison pour laquelle vous voyez tant d’enfants misérables dans le monde et ceci dans toutes les couches de la société et ce sont ces enfants d’hier qui sont ces adultes d’aujourd’hui regardez simplement leurs visages… Regarde le tien !

Et si nous donnions un foyer à chaque enfant ? Et si nous donnions notre Cœur à chaque petite vie qui se présente à nous de telle sorte que ce dernier se sente dans un foyer ? Et n’oublions pas, le cœur est au centre de notre case comme ce foyer au centre de celle de ma grand-mère, gardons-le allumé, toujours chaud !

à propos de l´auteur

Kwalay

Mes écrits, ma musique n'ont pour but que de te mener à ta découverte, à ton silence.

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