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LE BUT C’EST: GAGNER LE TOUT

Conversation avec Kwalay

Kwalay ,il t’est sûrement arrivé de penser, vouloir, gagner à une loterie, un jeu, une compétition ? Si oui pourquoi sommes-nous accrocs ou pourquoi sentons-nous biens à l’idée de gagner quelque chose ? Et il n’y a pas de fin en cela.Y a-t-il possibilité de tout gagner ?

 

Oui, je l’ai fait maintes fois, j’ai misé et remisé dépensé du temps et de l’argent, avec l’espoir qu’un jour, j’aurais les 6 numéros plus celui magique et que je serais riche enfin. J’ai même cru qu’il y avait une possibilité de manipuler les boules ou de savoir mystiquement à l’avance. J’ai aussi entendu parler du pouvoir de la pensée, qu’il suffirait de penser positivement, de garder sa pensée focalisée sur une envie et qu’elle se matérialiserait.

J’ai donc pratiqué toutes ces techniques, gardé à l’idée que j’ai des millions en banque, visualisé ma vie dans des châteaux et roulant dans de grosses bagnoles et je vous rappelle que dans ces rêves et imaginations, n’apparaissait aucun de mes amis, surtout pas ma femme, non plus mon enfant ; j’étais seul au centre de l’univers, le seul heureux, content riche.

Plusieurs fois, j’étais la cible de tout mail de jeux à gain. Je recevais des mails des gens que je ne connaissais pas, qui m’annonçaient que j’avais gagné des millions par hasard, qu’il suffisait de donner mes comptes bancaires pour les recevoir. D’autres qui me demandaient de faire ceci pour gagner cela, les magasins et centres commerciaux me proposaient des gains de points, si je dépensais assez chez eux. Et plus cela ne se réalisait pas ou du moins très peu, cette envie de gagner d’avantage me hantait que je m’achetais des consoles de jeux, des jeux virtuels sur ordinateur, où je pouvais gagner une mission, un match, un combat, une course-poursuite de voiture.

Bref, tout autour de moi me rappelait que j’avais perdu quelque chose que je devais regagner et oui ! Rien qu’à l’idée de gagner, j’étais prêt à tout perdre. Rien qu’à l’idée que demain ou un jour tous mes problèmes seront résolus, que je ne ressentirai plus aucun manque et ma vie pourrait enfin être appelée Vie, car je serais enfin Le BONHEUR; j’étais prêt à tout perdre, tout ce que je possédais déjà.

J’ai donc compris pendant ces moments combien le mot  » GAGNER » avait un impact au fond de moi. Il suffisait d’y penser et je perdais toutes mes capacités rationnelles. Ah oui ! Mais hélas ! Rien que l’espoir et pendant ce temps, j’ai bien observé pourquoi, pourquoi ce phénomène est si propagé et affectant.

Ne sentez vous-mêmes pas que quelque chose vous manque ? N’avez-vous pas cette sensation qu’il y aurait quelque chose que vous auriez perdu, que vous ne savez vraiment pas quoi, mais recherchez tout le temps, partout, dans tout  mais en vain ?

Vous savez ? Tout enfant qui naît dans ce monde, a la sensation d’avoir perdu quelque chose. Même si au départ, il n’est pas conscient de cela, avec le temps, cette impression ou sensation devient grandissante qu’il ne peut éviter de se rendre compte de ce fait.

L’enfant n’a rien oublié, neuf mois passé dans les entrailles de sa maman, dans le repos, la paix, il ne devait rien faire, rien devenir, rien prouver, rien atteindre et subitement, un jour, il est comme arraché de cette béatitude, le traumatisme est profond, la plaie est profonde ; tellement profonde qu’il n’a jusqu’ici pu la penser.
Aussi, ceci est illustré dans nos religions, par exemple, dans la bible, il est dit qu’Adam et Ève vivent dans le jardin, tous deux dans un très bel espace et un jour, ils sont chassés de cet endroit. Bien que ce soit une fable, elle est pleine de sens et c’est le sens qui est important, pas la fable en elle-même. Adam et Ève, donc, sont chassés hors du paradis, hors du bonheur et depuis ce jour, il est dit que toute l’humanité souffre de cela. Tout ce que vous voyez l’Homme faire, tire sa source du fait qu’il veut regagner le jardin, le paradis, le bonheur, la paix : gagner le TOUT.

Alors,regardez sincèrement votre vie ! Combien de choses avez-vous perdu ? Combien de gens avez-vous rencontré ensuite perdu de vue ? Combien ont disparu, mort?  Où sont ils partis ?Combien de choses aimiez vous faire, manger, dire, entendre ? Ou quelles sont ces choses dont vous aimeriez entreprendre, mais n’aviez pas pu ou fait au moment opportun, et aviez donc raté l’occasion ? Quelle qualité de vie aviez-vous avant dans l’enfance ? Vos danses, vos rires, vos jeux, vis chansons, vos découvertes, aventures, votre enthousiasme, où sont ils passés ?
Personne ne sait… Mais le trauma est là, la douleur est existentielle, la perte est grande et constante.

Pourquoi pensez-vous que la majeure partie des personnes dans ce monde, surtout les adultes trouvent toujours que leur enfance était meilleur que le présent ? C’est simplement parce qu’au présent de leur vie, il n’y a rien de bon, de réjouissant, rien dont ils sont fiers, tout est comme vide, un verre à moitié plein; raison pour laquelle la majorité des adultes souffrent des regrets. Bien qu’ils aient tout ce qui leur a été demandé d’avoir, tout ce que la société dans laquelle ils vivent considère comme noble et respectable, mais ça ne suffit pas … Quelque chose manque et ça rend nerveux, anxieux, angoissé, coléreux, jaloux, violent malheureux.

Et pour se consoler, pour continuer ne serait qu’a exister, ils ont besoin de quelque chose qui leurs donne la sensation de n’avoir rien perdu ou alors pas tout perdu. C’est donc la raison pour laquelle ils font tout et n’importe quoi, mangent, boivent, cris, passent des nuits blanches, prient, croient en des choses imaginaires, font la chasse au sexe, l’argent et le pouvoir ;Tout pourvu que cela leur donne la sensation de n’avoir pas tout perdu quand même.

Mais ils doivent gagner quelque chose encore, cela ne suffit pas encore, quelque chose manque alors peu importe, ce que cela peut être, le paradis, la femme, l’homme, l’argent, les statuts sociaux, la renommée, la reconnaissance, une compétition, un jeu, la loterie, une guerre.. Quand ils gagnent ces choses, ils sont pour un moment consolés, sans même un moment de répit et hop ! La course au gain continue. 

En plus, les autres qui eux aussi sont dans la même situation, nous regardent de l’extérieur et applaudissent, pour eux, nous avons déjà le TOUT dont ils recherchent. Alors ils nous envient, nous motivent, acclament, nous embrassent et cela nous réconforte et encourage de plus en plus et tout nous donne du zèle. Bien que nous sachions au fond de nous que nous n’avons pas le TOUT, que la soif est persistante, mais comme nous ne savons pas réellement ce qui manque, nous nous contentons de peu que nous avons déjà ; au moins cela nous permet de rire pour un moment, d’être sociable, d’être avec les autres. La frustration étant grandissante, plus nous possédons, plus nous accumulons ces petites choses, puisque nous devons faire tellement de choses pour si peu, fournir tellement d’effort pour ne rien avoir en vrai, on se demande donc qu’est-ce qui manque ?

Mais si nous regardons bien la nature des choses, nous constaterions qu’on ne peut pas être comblé avec l’argent, ni les maisons, les voitures, les alcools, le tabac, la marijuana, la cocaïne, même pas les autres, notre femme ou notre homme, nos enfants ne nous comblent pas vraiment ; raison pour laquelle nous faisons beaucoup d’autres choses qui n’ont rien à voir avec eux. Personne ne peut vivre qu’avec l’argent, où dans une maison, ne peut rester qu’avec sa femme,mari ou ses enfants, non plus conduire sa voiture à vie, non. Parfois, on veut dessiner, peindre un mur ou sur une toile, chanter une chanson, lire un livre, écrire un poème, faire un jardin, marcher dans les bois, faire un jardin, se coucher, ne pas parler, ne pas rire, peut être même, parler seul et rire seul, se mirer, faire des grimaces devant son miroir et aussi être seul, totalement seul.

Pourquoi ces envies qui ont l’air égoïste ? Qui ne nécessitent pas forcement la participation d’autrui ? C’est parce que NOUS sommes TOUT, alors ne pourrons qu’être satisfaits ou comblés que quand nous aurons le TOUT. Et tant que nous n’aurons pas le TOUT, il y aura toujours un vide, là au fond, bien que nous ayons tout le reste ; il y aura toujours quelque chose qui manquera à notre liste de gain bien que nous ayons gagné tout le reste. Et si nous retirons tout le reste que nous avons gagné déjà qu’est-ce qui reste donc ?

C’est donc cela que nous recherchons depuis, nous avons perdu NOUS, notre paradis, nous avons gagné tout dans le monde, mais nous ne nous sommes jamais gagnés nous-mêmes. Nous avons vaincu des batailles, gagné de l’argent, les hommes et les femmes, les enfants, mais pas encore nous. C’est NOUS en tant qu’individu, qui manquons à notre liste et c’est nous la plus importante chose à gagner, car les autres choses ne sont pas nous, donc pas fiables. Elles viennent et partent sans avis, ni préavis, mais dans ce mouvement incessant, nous restons porteur des séquelles, des traces des marques de leurs passages, alors si nous ne sommes pas conscient de NOUS, il est fort possible qu’on souffre toute notre vie de la dépendance aux jeux de gain, aux minables loteries que nous présentent ou vante le monde. Et l’addiction aux jeux en est la conséquence; la conséquence de cette envie de GAGNER,GAGNER et GAGNER  encore . Je dirais qu’il n’ y a pas de mal à vouloir gagner mais  à se contenter de gagner si peu.

Pourquoi pas GAGNER LE TOUT?

à propos de l´auteur

Kwalay

Mes écrits, ma musique n'ont pour but que de te mener à ta découverte, à ton silence.

2 Commentaires

  1. Coco

    Eh oui , nous sommes tout alors gagnons nous
    Je le resumerai ainsi

    • Kwalay

      exacte bb

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